Mardi 25 avril 2006
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21:30
Chose promise, chose due : je vais vous présenter aujourd'hui Garulfo.
Je vous avais parlé de De capes et de crocs (ici), vous vous souvenez ?
Garulfo est "l'autre" BD de cet excellent scénariste qu'est Ayroles. Elle est mise en dessin par Maïorana
et colorisée par Leprévost.
L'histoire se présente en deux volets (regroupés dans les deux intégrales). Le premier comprend deux tomes et le deuxième quatre.
Elle se déroule dans un moyen âge plein de princesses, de princes, de sorcières, de dragons, de vilains, de chevaliers et de ... grenouilles.
Garulfo est une grenouille à la "mâle prestence" qui ne comprend guère comment les hommes qu'il aime tant peuvent considérer la grenouille comme la
femelle du crapeau. Car il les aime les hommes, il les aime, les vénèrent, les envient au point de vouloir devenir l'un d'entre eux. C'est pour cette raison qu'il demande à une sorcière de
l'enchanter. De transformations en désillusions, le pauvre batracien se retrouve dans des situations que sa candeur et son angélisme vont pour le moins compliquer. Il finira même par regretter
son cher étang, mais le retrouvera finalement en douce compagnie. Malheureusement pour lui, l'arrogant prince Romuald, dont il avait pris l'apparence, n'en a pas fini avec son apprentissage de
l'humilité. Car en magie comme en toutes choses, rien ne se perd, rien ne se créer, tout se tranforme...
Les deux premiers tomes semblent avoir été prévus comme une histoire finie, mais la reprise du récit est bien tournée et il rebondit joliment (le récit pas Garulfo, quoique Garulfo aussi
évidemment, mais bon...) dans les quatre suivants. Il est égrainé de nombreuses références aux contes et on y retrouve le langage alambiqué et fleuri de De capes et de crocs.
Pour le dessin, je laisserai la parole à Maïorana lui-même dans son interview de BD-paradisio en 2000 à
l'occasion de la sortie du tome 5, Preux et prouesses. Elle est accompagnée de nombreux extraits qui vous montreront son style mieux
que je ne saurai le décrire.
Les dialogues sont drôles, les situations cocasses, le graphisme plaisant. Bref, c'est pour moi un vrai moment de plaisir que cette BD là.
© Ayroles - Maïorana - Delcourt 1995-2004
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Lundi 10 avril 2006
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10:31
Ce matin, il fait un peu frisquet, c'est peut-être ce qui m'a donné envie de vous parler de
Petit Verglas qui est parue aux éditions Delcourt entre 2000 et 2002. C'est une histoire en trois
volets scénarisée par Corbeyran et dessinée par Sattouf. Très bien conçue, elle retrace le destin tragique d'une fillette étrange dans la vendée du fin XIXe, où le mystère et la magie se
mèlent au quotidien.
Petit Verglas, c'est comme ça qu'il l'a surnommée. François l'a découvert sur la plage, à demi
morte, noyée. D'habitude ses mains repoussent la mort mais cette fois là rien ne s'est passé. Il l'a alors amenée dans sa cabane, son jardin secret, sous la table de pierre et là, enfin, elle a
rouvert les yeux.
Petit Verglas parle d'enfance,
d'apprentissage, de maltraitance, de phénomènes inexpliqués, de l'inné et de l'acquis, de la différence, de déontologie et de méthodes scientifiques, de complicité silencieuse, de vengeance... un
large panel de thèmes qui sous tendent une très belle histoire.
© Corbeyran - Sattouf - Delcourt
2000-2002
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Mercredi 5 avril 2006
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Ce qu'il y a de bien à farfouiller par-ci par-là, c'est qu'on tombe parfois sur des trucs qu'on n'avait pas vu depuis longtemps. Ainsi, en scannant quelques dédicaces pour vous les présenter en album, j'ai retrouvé Jaguar, une trilogie que je n'avais pas relue depuis longtemps.
Dans la jungle, une cité se dresse. Une cité d'amazones qui vénèrent le dieu Jaguar aux cultes
sanguinaires. Une cité où les seuls mâles géniteurs admis sont les grands prêtres. A l'extérieur, dans la jungle, vivent les reclus. Autre temps, autre lieu : notre monde. Un inspecteur,
intriguée par une lettre anonyme se rend dans un centre de recherche...
Le scénariste, Dufaux, nous entraîne dans les interférences entre ces deux mondes, et dans d'incessants va-et-vient spacio- temporel. Le premier cycle, de ce fait, tient le lecteur en haleine
jusqu'à la fin.
Le dessin de Bosschaert, quant à lui, donne l'impression d'avoir été travaillé aux pastels, ce qui lui confère une finition très sympa
selon moi.
Un quatrième tome, Dog Mengo, est sorti l'année dernière, entamant un nouveau cycle.
© Dufaux - Bosschaert - Casterman 2001-2005
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Mardi 4 avril 2006
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10:01
Le pantin est un pur chef d'oeuvre de nostalgie et de poésie. Avec lui, Michel Alzéal réussit le tour de force de faire passer une histoire mais surtout des émotions par l'image et par elle
uniquement puisque Le pantin est une BD muette, sans aucun dialogue ni texte.
Dans sa chambre un vieux monsieur fait sa valise lorsqu'il tombe sur son vieux pantin. Il décide de le
donner à son petit fils.
La version noir et blanc de ce petit bijou date de 1999 mais il a été
réédité en version colorisé en 2002 pour notre plus grand bonheur.
© Alzéal - Le Cycliste 1999-2002
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Vendredi 31 mars 2006
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22:28
A tout seigneur, tout honneur. A l'heure où le 5ième et dernier tome est annoncé, il fallait tout de même que je finisse par vous présenter la BD à l'origine du nom de ce blog.
Mon amie la poof, c'est... une longue déchéance
orchestrée par la vie... C'est un polar noir où les acteurs
sont toujours sur le fil... C'est un hymne à la vie, à l'amitié et à l'amour malgré le cloaque dans lequel se retrouvent embourbés les personnages...
C'est l'histoire d'une poof, Liv Schmidt qui, à 22 ans, débarque à Paris en plein mai 68 et se retrouve embarquée bien
malgré elle dans des histoires sordides. Des années plus tard, "cinquante ans, pas une ride", elle se
souvient...
Au niveau du dessin, le trait est tout en rondeur, sensuel, telle La Poof. La colorisation est faite en niveau de gris.
Elle s'adapte en cela à l'ambiance de roman noir que l'alternance sporadique de pages au fond noir rehausse encore. Mais elle sert surtout les caractères et
les
humeurs des
personnages.
Efix joue également avec les cadrages, les perspectives, la taille et la disposition des cases dont quelques unes s'étalent sur la page entière, sur les débordements hors de ces
cases
qui n'ont
d'ailleurs pas de bordure, ou encore sur la netteté pour le rendu des perceptions altérées par l'alcool ou les drogues. Il donne l'impression de ne rien laisser au hasard tant au niveau du dessin que du scénario. Celui-ci nous entraîne de vagues en creux, de plaisirs en souffrances, de
joies en désespoirs et inversement. Le ton est vif, le "parler Tonton Flingueur" (BoDoï - 4ieme de couv T2), le propos tantôt critique, tantôt désespéré
n'est jamais moralisateur.
Qu'on ne s'y trompe pas, cette BD n'est pas à mettre entre toutes les mains. Elle est pleine de violence, de sexe et de dérives toxicos. Elle me fait un peu
penser à Sin City, en beaucoup moins noire néanmoins, car elle est aussi pleine de tendresse et d'optimisme, pleine d'humanité.
Pour la petite histoire, sachez qu'Efix a autoproduit Moorad en 1999 (sous un format "comics") avant qu'il ne soit repris aux éditions Petit à Petit en 2002 (format 15x21). En magasin, vous les trouverez sous cette forme, avec des jaquettes,
différentes des couvertures. Et dès ce mois-ci donc, vous pourrez connaître le dénouement de ce polar avec Ivan.
© Efix - Petit à Petit 1999-2006
Par La Poof - BD, bande dessinee
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