amelie-nothomb-une-forme-de-vie.jpgAmélie Nothomb soulève toujours en moi une quantité d'émotions contradictoires : un petit goût de déloyauté (désolée Seb), l'espoir de trouver quelques unes de ces petites phrases assassines qui me font tellement rire, la crainte de me perdre dans un texte trop littéraire pour les deux neurones qu'il me reste, la peur de la déception après avoir lu d'elle autant de romans qui m'ont plu que de romans qui m'ont déplu... Du coup, je reste toujours dans l'expectative face à ses nouvelles sorties.

Acheter ? Ignorer superbement ? Non, ça je ne peux décidément pas. Voyons voir la quatrième de couv... 

Et là le piège se referme, car la bougresse, à moins que ce ne soit son éditeur, a le sens de l'accroche. Une seule minuscule petite phrase et vous vous retrouvez à lire le premier chapitre voire plus, bouchant éhontément le passage en pleine cohue de la rentrée.

Voilà à peu près comment j'en suis venue à acheté Une forme de vie, la toute dernière autofiction de la demoiselle. Je trouve que ça lui va bien la demoiselle. Un rien désuet, avec un petit côté bien éduqué, un peu rêveur, à fleur de peau, pouvant devenir cinglant... Je m'égare. 

Une forme de vie est un récit à forte tendance épistolaire, un genre que, personnellement, j'aime assez.

Tout commence lorsque Fictive-Amélie reçoit une lettre d'un appelé en Irack, missive à laquelle elle décide de répondre (ce que fait, semble-t-il, assez souvent, véritablement Vrai-Amélie), engageant ainsi une correspondance inattendue avec un soldat souffrant d'une maladie à la mode, l'obésité.

Prétexte est bon pour parler à la fois de la guerre, de la situation socio-politique américaine, des épîtres et de leurs aficionados, mais surtout, c'est le thème, repris par le titre, de l'obésité. 


Si les enrobés peuvent susciter de la sympathie, les obèses sont haïs, c'est comme ça.


Au delà de l'intrigue, qui n'en est pas vraiment une, Amélie Nothomb distille quelques ressentis très percutants et très vrais sur cet embarrassant problème, même si certaines trouvailles m'ont semblé farfelues voire déplacées. Jugez plutôt.

[...] on ne dira jamais assez le calvaire de l'obèse. Les esclaves qui ont bâti les pyramides n'étaient pas si chargés que moi qui ne peux déposer mon fardeau à aucun instant.

[...]

 La vérité, c'est que nous sommes les pires junkies de la terre. 

[...]

L'obésité est une maladie. Quand quelqu'un a le cancer, personne n'est assez impudent pour lui suggérer le dépassement de soi.

 

Oui, la bouffe est une drogue. Les accros du chocolat, dont je suis, le savent, eux qui deviennent nerveux quand ils n'ont pas leur dose régulièrement. Une drogue, dont on ne peut raisonnablement se passer si on veut vivre, mais dont il faudrait à tout prix endiguer l'addiction. Vu comme ça, c'est un peu délicat à mettre en place, n'en déplaise à Dukan. Peut-être que les mangeurs d'ersatz protéiné ont tout compris finalement. Ne dit-on pas à un alcoolique qu'il ne pourra plus jamais toucher une goutte d'alcool sous peine de replonger ? Mais je m'égare encore...

Une forme de vie est un roman qui fourmille de points de vue et d'idées sur tout un tas de thèmes. J'en ai listé quelques uns, mais on pourrait sans doute en trouver d'autres. Il est beaucoup plus engagé que Le fait du prince (qui m'a bien plu) ou Peplum (que je n'ai pas aimé du tout), même si, dans chacun de ses romans, Amélie Nothomb aime à apporter son regard si personnel .

Juste pour dire, je m'étais promis de ne plus présenter de livre d'Amélie Nothomb ici.

Pourquoi ? Parce que cette auteur déplait fortement à mon beau-frère et que j'adore mon beau-frère. Alors pourquoi mettre sous son nez virtuel ces lectures honnies quand je peux me contenter de les bouquiner en douce à douze fuseaux horaires du réel appendice ?

Ceci dit, Une forme de vie touche un sujet sensible. Pour le coup, j'ai eu envie d'en parler. Et puis je viens de voir une petite vidéo d'elle expliquant la genèse de ce dernier roman aux Bibliothèques Idéales de Strasbourg que je trouve intéressante à partager.


 

 

Amélie Nothomb
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 10:27
- Par La Poof - Publié dans : Côté bouquins
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Fables de La Fontaine - Dautremer

 Une trentaine de fables choisies sont présentées dans cet album, certaines connues de tous, d'autres un peu moins, mais qui sont toutes illustrées ici par Rebecca Dautremer.

 

Je vous l'ai déjà dit, les dessins de cette artiste m'attirent comme un aimant et j'ai une fois de plus cédé à l'appel. J'ai un faible pour elle et j'ai glané au fil des années pas mal de ses albums.

Je trouve qu'elle rajoute une dimension poétique à tout ce qu'elle illustre ou écrit. Je la soupçonne d'ailleurs d'être l'auteur de la quatrième de couverture :

 

 

Quand la bise fut venue,

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Dit à la Cigale, sa voisine :

"Adieu, veau, vache, cochon, couvée...

Rien ne sert de courrir, il faut partir à point.

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

- Je chantais ne vous déplaise.

- Eh bien lisez maintenant !"

Et la chétive pécore lut tant et si bien,

Qu'elle enfla et qu'elle creva

Sans autre forme de procès,

Leur montrant avant sa mort,

Que la lecture est un trésor !

 

Les fables sont l'envers des apparences,

Il faut pour les goûter, retourner les évidences.

 

 

 

Une très belle manière de revisiter ses classiques ou de les faire découvrir à ses enfants.

 

 


Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 15:22
- Par La Poof - Communauté : Littérature Jeunesse - Publié dans : Livramôme - Livres et albums jeunesse
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Des Nouvelles du Tibbar LaPoof que je suis a postulé, sans grand espoir, à Masse Critique. Cet évènement, organisé par Babelio, permet à quelques chroniqueurs sélectionnés sur leurs critiques de recevoir un ouvrage en échange d'une critique justement, bonne ou mauvaise, c'est le jeu, à fournir dans le mois suivant la réception du livre.

Pourquoi sans grand espoir ? Et bien parce que je n'ai encore posté aucune critique sur Babelio, que je n'en poste que peu, très peu, depuis longtemps, trop longtemps sur ce blog. 

Mais pour moi qui rêve de devenir lecteur dans une maison d'édition, c'était tout de même trop tentant.

Et bien devinez quoi ? Lapoof est sélectionnée ! Lucky !

(ah gomen, gomen, je suis (re)tombée dans Grande Line récemment)

Je vais donc recevoir (kitto) Des Nouvelles du Tibbar (du café du coin ?).

Je sens que ça va me plaire. Impatiente je suis.

Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 20:49
- Par La Poof - Communauté : Autres Mondes... - Publié dans : Côté bouquins
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