Nabi 1Nabi 2 Nabi 3

Non, je ne vais pas vous parler du mouvement artistique éponyme, mais vous emmène faire un petit détour du côté du manhwa, le manga coréen, avec un titre au graphisme époustouflant. C'est ce dernier qui m'avait fait choisir cet ouvrage au milieu des autres la première fois. A la fois limpide et très détaillé, d'une grande élégance de trait, il constitue l'élément fort de cette BD. 


La mystérieuse Dame Sabu éduque et élève sans distinction les orphelins qu'elle a  recueilliToujours emprunt d'une joyeuse effervescence, la maison du Lotus constitue pour eux un refuge où grands et petits sont heureux. Jusqu'au jour où Mumyeong (litt "sans nom" en chinois) fait son apparition.


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Nabi retrace l'histoire d'orphelins recueillis par Dame Sabu et traqués par Mumyeong. Un récit d'aventure, sur fond de complot entre grandes familles, bien amené, au rythme aussi délicat que son tracé. Une oeuvre tout en finesse, empreinte de sérénité et de poésie, à la fois joyeuse et dramatique, et où l'esthétisme prime. Un bon moment de lecture surtout si, comme moi, vous tombez sous le charme du trait de Yeon-Joo Kim.


Le quatrième tome est prévu pour février 2011. Il semblerait que Nabi soit issu du recueil de nouvelles Nabi Prototype dont il reprend et creuse l'intrigue et les personnages. Je ne l'ai pas encore lu, mais ça ne va plus tarder puisqu'il est en route pour la maison.


Challenge ABC Critiques

K comme Kim

Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 09:34
- Par La Poof - Communauté : autour de la BD - Publié dans : Côté bulles
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Le Puits des âmesNon, je ne vais pas vous parler de jeux vidéo, bien que ce nom soit associé à de nombreux sorts ou quêtes dans ceux-ci.

Le puits des âmes est ici un petit roman de littérature jeunesse sur lequel je suis tombée par hasard. Le format inhabituel de sa couverture, en paysage au lieu du format portrait standard, et un titre plutôt bien trouvé étaient prometteurs.

Malheureusement, le contenu n'a pas été à la hauteur de mes attentes tant au niveau du fond qu'au niveau de la forme et si je regarde bien c'est assez étonnant.

Pourquoi ? Et bien... hmmm...

Le récit, de type fantasy, s'articule en deux parties, une quête suivie d'un récit de guerre épique. L'idée de départ est que tout ne s'arrange pas comme par magie à la fin de la quête. C'est plutôt novateur. Le personnage central fait face à des situations où le merveilleux cède le pas à l'horreur d'une guerre sans merci. Il gagne petit à petit un côté anti-héros assez marqué, glissant inexorablement du côté sombre, presque aussi implacable que ses opposants, pour finalement réaliser qu'il était manipulé par les êtres "bénéfiques" sensés l'aider, ce qui était là aussi intéressant.

Oui... Sauf que pour le coup, les quelques 500 pages n'y suffisent pas, d'autant plus que la police de caractère est assez lâche avec des interlignes importantes. Le texte n'est pas si long qu'il en a l'air et ni la quête, ni les combats, ni les caractères ne sont vraiment développés ou étoffés. Le monde n'est dépeint que dans les grandes lignes. Les rebondissements s'enchaînent comme jetés là, à la va-vite, sans liant véritable. La fin est bâclée, elle arrive comme un cheveu sur la soupe avec un revirement de dernière minute qui, loin de sauver l'oeuvre, la coule définitivement et la philosophie qui en découle... bah je dois pas avoir compris où l'auteur, Christian Léourier, voulait en venir je pense.

Dommage. Il y avait pas mal d'ingrédient pour faire un bon roman, un très bon mêmeJe suis comme qui dirait déçue d'être déçue.


Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 09:49
- Par La Poof - Communauté : Littérature Jeunesse - Publié dans : Livramôme - Livres et albums jeunesse
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Le Champ De L'arc-en-cielCe manga est typique des bouquins qu'on trouvait avant dans les îles : des livres qui ont été commandés à leur sortie et qui sont restés en rayon pendant des mois, voire des années, pour des raisons diverses où la qualité intrinsèque de l'oeuvre n'a pas grand chose à voir, et qui vont finir par se faire acheter longtemps après, alors qu'ils ne sont parfois plus disponibles nulle part. 

J'ai eu ici la chance de tomber sur une perle.

 

Le champ de l'arc-en-ciel est un one shot relativement inclassable. Il retrace l'histoire de personnages marqués par la vie, dans un contexte hyper réaliste et contemporain, et dans une ambiance à la fois très sombre, avec meurtres, disparitions, agressions, et très onirique, à la limite du fantastique parfois.

 

Des Jumeaux. Des milliers de papillons. Un élève tombe du toit de l'école. Un jeune homme discute avec un vieillard sur la terrasse de l'hôpital. Un autre se prépare à aller au travail. Une femme, partie depuis des années, est retrouvée morte dans un tunnel. Les enfants du primaire, effrayés par une légende urbaine, poussent une camarade dans un puits. Suzuki arrive dans sa nouvelle école.

 

Pan ! dans la gueule !L'intrigue, très construite, se développe en parallèle sur deux époques éloignées d'une dizaine d'années et pour une dizaine de personnages. On est souvent à la limite entre réalité et voyage intérieur, ce qui rend le tout parfois déroutant. Mais si on se laisse porter, le développement nous amène à découvrir petit à petit un tableau où les acteurs ressentent tour à tour un panel de sentiments cruels, désespérés, impuissants, violents à l'image de leur vie.

La violence, physique ou orale, dans sa banalité la plus sordide, est d'ailleurs omniprésente dans ce manga, ce qui lui a sans doute value son étiquette "pour public averti". Le tout laisse une impression de noirceur et de mystère teintés d'incohérence, comme un mauvais rêve au goût de réalité, à moins que ce ne soit l'inverse.


"Jadis, le philosophe Zhuangzi fit un rêve. Il rêva qu'il était un beau papillon. Le papillon vola ça et là, puis il s'endormit épuisé... Le papillon fit un rêve lui aussi. Il rêva qu'il était Zhuangzi. Lorsque Zhuangzi se réveilla, il ne savait plus si c'était lui qui avait rêvé du papillon, ou le papillon qui avait rêvé de lui."

 

Rêve de papillonSi la parabole est mondialement connue, elle était inévitable ici, dans cette histoire empreinte d'une réflexion sur le sens de l'existence et l'incertitude de la réalité, une histoire, qui plus est, parsemée de papillons dont le rôle n'est pas si anodin. Et puis elle est à l'image de l'intrigue qui s'enroule sur elle-même.

 

Personnellement, j'aime beaucoup ce type de constructions complexes, pleines de mystère et de non-dit, une construction magnifiquement servie ici par le graphisme hyper réaliste et reconnaissable entre mille de Inio Asano dont les images se suffisent souvent à elle-même. Ceci dit, ce manga pourrait perdre en route les lecteurs moins attentifs ou trop fatigués (comme certains petits jeunes de ma connaissance qui se reconnaîtrons) d'autant que l'ambiance sombre et globalement pessimiste qui s'en dégage pourrait déplaire.

Mais ce serait dommage car cette BD est pour moi vraiment intéressante, dans une édition très soignée avec sa jaquette noire sur une couverture représentant une nuée de papillons blancs sur fond rose vif. Il fallait oser, mais le rendu est intéressant.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les personnages et les thèmes développés, je vous invite à lire l'excellente critique que j'ai trouvée ici.

Juste pour dire je trouve que Suzuki, dans la dernière planche, ressemble un peu à Asano, pas vous ?

 


 

Challenge ABC critiques

A comme Asano

 


Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 08:00
- Par La Poof - Communauté : autour de la BD - Publié dans : Côté bulles
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