Je suis ressortie un peu groogy d'une
immersion de 10 jours dans Bleach. Environ 160 épisodes à suivre (j'avais déjà vu les 40 premiers), soit un peu plus de 16 par jour, de quoi perdre le fil avec la réalité.
Bleach fait parti des séries fleuve du manga d'aujourd'hui, au même titre que Dragon Ball hier. Rien n'indique qu'il y aura une fin, même si des chapitres se dessinent au fil du temps. Aujourd'hui on compte près de 210 épisodes dont seulement une grosse cinquantaine à priori ont été diffusé sur une chaine française (MCM).
Ce qu'il y a de bien avec les série longues,
telles que Bleach ou Naruto, c'est qu'on a tout le temps de faire corps avec les personnages même s'ils sont nombreux comme ici. On apprend à les apprécier, on y trouve son petit
préféré, on en découvre d'avantage sur les caractères.
Ce qui est parfois frustrant, ce sont les longueurs, redîtes et autres flashback ou encore les épisodes de transition... Chez Bleach, ils insèrent des séries de 2 à 20 épisodes qui n'ont rien à voir avec l'intrigue principale et qui permettent à l'équipe chargé de celle-ci de boucler son projet. Du coup, c'est passablement hachuré, et ça ne permet pas de conserver cette sensation d'immersion, ce qui personnellement me déplait.
Mais bon, reste que Bleach est un anime qui vaut le détour. D'abord, c'est toujours intéressant de regarder quelque chose de connu, histoire de voir ce qu'il
en est vraiment (en toute subjectivité). Ensuite, il a de bonnes qualités : des caractères nombreux et bien pensés, attachants et originaux (même si on y retrouve des classiques comme la petite
furie à couettes blondes), une intrigue bien ficelée (du moins pour l'histoire principale) et un principe de base original (même s'il sert de prétexte aux combats qui jalonnent ce manga).
Lycéen sans histoire qui vit à Karakura avec son père et ses deux jeunes sœurs, Ichigo Kurosaki serait un garçon
absolument quelconque si ce n'est qu'il possède deux ou trois particularités.
Tout d'abord, Ichigo a des cheveux définitivement orange ce qui lui vaut régulièrement d'être pris à partie par les voyous du coin. Grâce à eux, il a acquis un goût prononcé pour le
particularisme et la baston. Ensuite, son taré de père l'attaque à tout moment pour le prendre par surprise et il a développé de ce fait d'étonnants réflexes. Enfin, et ce n'est pas le moindre,
Ichigo voit les âmes des défunts et peut dialoguer avec eux. Et justement, il en voit de plus en plus.
Sa vie bascule soudain lorsqu'il rencontre Rukia Kuchiki. Shinigami en poste à Karakura, celle-ci est chargée de protéger la ville des Hollows, des monstres à la recherche d'âmes errantes
et d'humains à dévorer. Or de la même façon que les âmes défuntes semblent comme attirées par Ichigo, les Hollows vont se mettre à le poursuivre, jusqu'à attaquer sa maison. Blessée lors du
combat, Rukia devra alors tenter de transférer une partie de ses pouvoirs de Shinigami à Ichigo afin qu'il puisse sauver les siens. Mais le transfert se passe un peu trop bien et Rukia se
retrouve presque sans pouvoir et dans l'incapacité de rentrer à la Soul Society. Bon gré mal gré, Ichigo va devoir jouer à l'apprenti Shinigami.
Il faut noter que les premiers épisodes datent de
2004 ce qui se ressent, surtout en deuxième approche quand on revoit un épisode du début après avoir vu toute la série. Ils sont plus ...comment dire ... basiques ? simples ? tant au niveau du
graphisme que de l'intrigue ou encore de la bande son. Terribles les emphases des moments critiques, dans le mauvais sens malheureusement, en tout cas sur la VF. Je n'ai pas eu l'occasion de voir
les premiers épisodes en VO.
J'ai bien accroché à ce manga et à ses personnages. Ceux-ci sont extrêmement nombreux et regroupés en plusieurs "familles" : les
humains tout d'abord avec Ichigo, sa famille et ses proches du lycée (~15), les Modsouls (4), les Shinigamis (~60), les Vizards (8), les Arrancars (12 principaux + 36 secondaires), les Bounts
(6), les membres de la Soul Society autres que les Shinigamis (4).
Parmi cette foule, on retiendra Ichigo, bien sûr et l'élégant Uryuu mais aussi Renji plus grunge, le très charismatique Hitsugaya (très populaire au Japon) et parmi les méchants Grimmjow (que personnellement j'adore), Ulquiorra et Gin. En revanche, Chad me semble trop lisse et la gentillesse crasse de Inoue m'exaspère. Chez les filles, ma préférence va à Yoruichi, Hiyori et à Nell, même si Rukia représente un personnage central de l'histoire.
Il y a plusieurs périodes dans l'intrigue principale, quatre pour l'instant, dont une (Arc Bounts) n'est semble-t-il pas présente dans le manga (que je n'ai pas lu, je me demande bien comment je aurai fait ici sur mon île perdue pour dénicher tous les tomes). Il y a la découverte de ses pouvoirs et l'apprentissage de Ichigo (Arc Hollows), le sauvetage de Rukia (Arc Soul Society), la revanche d'un clan que l'on croyait disparu (Arc Bounts), le complot des Arrancars (Arc Hueco Mondo). Tout ceci est parfaitement décrit dans l'article de Wikipédia (pour ceux qui voudraient tout savoir avant d'avoir vu).
Petite parenthèse, on sent, et je le déplore, que Tite Kubo, l'auteur, a du mal, ou disons avait du mal au début, à faire combattre les personnages féminins. Il faut attendre le dernier tiers de l'Arc Soul Society pour voir Yoruichi et Soi Fon en action. Rukia quant à elle ne combattra vraiment qu'à partir de l'arc Bounts et ses techniques, si elles sont efficaces, restent très ... élégantes. Vous me direz comme celles de Byakuya son grand frère adoptif, c'est vrai, mais je reste un peu sur ma faim : je la sentais plus énergique. Tout ça se développe néanmoins et, dans les derniers chapitres, les combats engageant des femmes sont plus intéressants et plus nombreux.
De Tite (ou Taito) Kubo, on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'il est né le même jour que mon grand-père ce dont tout le monde se fiche
éperduement. Blague à part, je retiens des biographies que j'ai pu trouvé ici ou là que Tite Kubo n'a guère que deux mangas à son actif dont le
premier, Zombie Powder, s'est arrêté rapidement faute de succès. Il a dû retravailler Bleach pour qu'il soit accepté par le très populaire magazine japonais Weekly Shonen Jump et a
été aidé en cela par Akira Toriyama en personne, l'auteur de Dragon Ball. Comme quoi il faut persévérer. Derniers détails amusants, Bleach doit
son nom à l'engouement de son auteur pour le groupe Nirvana et
Taito prête sa voix à Kon (personnage mascotte de l'anime) dans le premier OAV de la série.
Fort de son incroyable succès, Bleach se décline en manga, anime (série et film) musiques, jeux video, sans compter les produits dérivés de tout ordre. Après
Memories of nobody, et The Diamondust Rebellion, le troisième film, Fade to Black, est d'ailleurs sorti le 13 décembre dernier au Japon.
En cherchant un peu on trouve également de très nombreux sites dédiés à Bleach sur la toile dont Bleach7dotcom très complet (mais en anglais) et un nombre de fanart impressionnant, dont certains très très sympas.
Ce que vous en dîtes