Samedi 26 juillet 2008
Basilisk 1 Voici un manga en cinq volumes que j'ai eu le plaisir (et la chance) de découvrir dans un book shop à environ 20 km de chez moi. Je dis la chance parce que, depuis février cette année je suis en expatriation à Maurice, et qu'ici, trouver des livres, en français, ou mieux, des BDs est une sacré gageure. Il y a bien les inévitables Astérix et autre Tintin, mais pour le reste ce n'est pas simple. Mais parfois, sur un coup de chance, on trouve une série complète que, miracle ! on n'a pas encore. Dans ce cas là, il ne faut pas hésiter et faire chauffer sa carte bleue parce qu'on n'est pas sûr, mais alors pas sûr du tout, qu'elle y sera encore dans quelques jours. Sans compter que les approvisionnements suivent un rythme encore très nébuleux pour moi. Du coup quand j'ai vu les Basilisk au Book Court de Trianon, du tome 1 au tome 5, je n'ai pas résisté bien longtemps.

Je ne m'y connais pas beaucoup en manga mais il me semble que cinq tomes c'est peu. La plupart du temps, quand j'en trouve ici, j'ai le choix entre le 7, le 12, le 23.... Bref.
Basilisk 2
Cette série est bien ficelée. Elle est tiré d'une nouvelle, Koga Ninpo Cho, écrite par Futaro Yamada (1922-2001). J'ouvre ici une parenthèse que je ne fais pas habituellement. Je n'ai pas trouvé grand chose sur Yamada. La biographie est mince et je n'ai pas la liste des oeuvres de ce noveliste qui semble pourtant célèbre au Japon. En revanche, j'ai trouvé une liste de films, adaptations de ses nouvelles. Du côté de Koga Ninpo Cho, pas de traces véritables non plus. Elle semble faire partie d'une série de nouvelles sur les Ninjas, les Ninpo Cho, littéralement les Parchemins Ninjas, écrites à la fin des années 50 et qui sont à l'origine du mythe ninja actuel. Ce n'est d'ailleurs pas la seule a avoir été mise en dessin par Masaki Segawa apparemment. J'ai trouvé par hasard sur le net Yagyu Ninpo Cho, pas encore disponible en français à priori, mais il y en a peut-être d'autres. Il existe également un anime en hommage aux Ninpo Cho, Ninja Scroll. Koga Ninpo Cho, quant à elle, a été éditée en France en 2007 sous le titre de Shinobi. Vous l'aurez deviné, le film du même nom en est issu. Basilisk, lui, a donné naissance à une série anime manga éponyme en 24 épisodes.

Un grand nombre de titres pour une nouvelle au départ, vous ne trouvez pas ?.

Afin de choisir lequel de ses fils, Takechiyo ou Kunichiyo, lui succèdera, le seigneur Tokugawa décide d'avoir recours à deux clans ninjas. Dans l'espoir d'éliminer définitivement leurs rivaux, le clan Tsubo d'Iga et le clan Manji de Koga, ennemis de toujours, acceptent de représenter chacun l'un des héritiers et d'engager dix combattants dans cette lutte sans merci. Le pacte de non agression qui les liait est levé, les combats s'engagent presque aussitôt tant les ninjas des deux clans sont impatients d'en découdre. Gennosuke Koga et Oboro Iga, profondément épris l'un de l'autre, vont dès lors être pris dans cette tourmente.

J'ai lu dans un article que Koga Ninpo Cho est considéré comme "une transposition nippone de Roméo et Juliette". J'aime beaucoup cette remarque, je trouve que c'est exactement ça, une variation violente et trash sur le thème. On a un bon dosage entre les scènes de combats, les scènes plus osées et les scènes romantiques. A ne pas mettre entre toutes les mains, mais une bien bonne série qui se laisse dévorer.

© KUROKAWA - Masaki Segawa / Futaro Yamada

Basilisk 3 Basilisk 4 Basilisk 5
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Jeudi 14 décembre 2006
Non ce n'est pas un remake de "99 Luftballons" qui rythma l'adolescence de certains d'entre nous, mais le nom du dernier groupe de super héros en date. Pourquoi les 99 ? Comme les 99 qualités de Dieu ou plutôt devrai-je dire d'Allah, car Les 99 sont des super héros de culture islamique qui porteront chacun une caractéristique divine...

Comment est née la première génération de comics made in islam ? C'est Naif Al-Mutawa, psychiatre de son état, qui eut l'idée de donner à la jeunesse musulmane des super héros auxquels elle pourrait s'identifier. Il avait constaté en effet, au cours de ses pratiques cliniques sur des patients sortis de la guerre du Golfe, que la jeunesse musulmane n'en avait pas (de héros). Et d'en venir
à cette idée des 99 vertues par un cheminement de pensées assez improbable, jugez plutôt (en substance et rapidement, l'interview complète est ici) :

"Quoi que je fasse, il faudra que ça ait le potentiel des Pokemon..."
"Ha mais c'est vrai les Pokemon ont été censurés dans certains états et ils ont la fatwa sur eux...."
"Mon Dieu...Qu'arrive-t-il à l'islam et à ces gardiens ignorants et remplis de haine ?..."
"Allah doit être vraiment déçu de tout ça..."
"Allah et ses 99 attribus..."
"Allah...attribus...Pokemon..."

D'analogie en association d'idées ou le genèse d'une histoire... He he he

Bref, des héros, des supers comme dirait M. Indestructible, qui incarneront le pouvoir d'une gemme. Parmis eux nous trouverons Jabbar, la force, Noora qui lit la lumière de la vérité en chacun et offre (ou force) la possibilité de la voir en soi, Bari le guérisseur ou encore Darr qui peut vous submerger d'une vague de douleur et d'affliction jusqu'à ce que mort s'ensuive... L'équipe luttant contre l'injustice et le mal.

Attendu dans la presse internationnale depuis le début de l'année (cf articles du International Herald Triune et  du New-York Times), ce nouveau comic aura vu le jour à l'automne comme prévu et son numéro 2 est sorti ce mois-ci, en anglais et en arabe évidemment.

Quand on lui demande quelle sera la réaction du public face à des super héros de confession musulmane, Naif Al-Mutawa répond que ses livres ne seront pas religieux mais qu'ils auront pour archetype l'islam tout comme les comics US qui ont un fond judéo-chrétien marqué.
Reste que le fait d'affubler des personnages de BD de vertues divines ne passe pas inaperçu et n'est pas du goût de tout le monde, ainsi que le fait "d'occidentaliser" la culture islamique. Mais Al-Mutawa cherche justement à faire par ce biais un pont pour cette jeunesse qu'il pense tiraillée entre l'islam et l'occident. Et puis il reste prudent. Dans ses interviews, il se sent obligé de préciser qu'aucun de ses personnages n'aura plus d'une qualité, que son pouvoir sera limité et enfin que certaines vertues ne sauraient être attribuées qu'à Allah...

Peut-être une nouvelle façon d'envisager les héros en tout cas si on en croit le Herald Tribune, basé non plus sur des individualités surpuissantes comme aux US ou sur des mascottes surpuissantes type Pokemon, mais sur la puissance du rapprochement des forces individuelles puisque l'union de ses différents attributs forme l'essence de Dieu et son pouvoir.

Quoi qu'il en soit, les numéros sont distribués dans le monde arabe pour le moment et vendus par correspondance via le site officiel.

© Teshkeel comics
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Lundi 6 novembre 2006

Je ne sais pas vous, mais quand je m'apprête à finir un cycle, je suis tiraillée entre l'envie de savoir, de dévorer ce tout dernier tome et l'anticipation de cette fin toute proche synonyme pour moi de fin tout court. Plus d'aventures, plus de rebondissements, plus rien qui pourrait racheter une éventuelle déception, qui pourrait compléter des détails encore flous...

Pour cette raison, il m'arrive parfois de tourner autour de mon dernier achat sans parvenir à me décider à le lire. Et cette danse dure d'autant plus longtemps que la série m'a plu. Ainsi, j'ai bien dû regarder 3 semaines Yvan sur le coin du buffet avant d'en entamer la lecture et il m'en a fallu tout autant avant d'ouvrir le dernier volet d'UWO.

Et pourtant...

Universal War One (site officiel) est une BD qui se paye le luxe d'être avant tout une excellente histoire de Science Fiction digne des plus grands noms du genre. Aussi précis et cohérent scientifiquement que du Asimov, aussi complexe que Dune ou Fondation avec des rebondissements dignes de La stratégie Ender... Bref, pour qui aime la SF, c'est du très grand art, tant au scénario qu'au dessin, et c'est signé Denis Bajram qui s'était déjà attaqué au genre dans Cryozone.


L'escadrille Purgatory, composée uniquement de soldats récidivistes en attente de cour martiale, est envoyée aux environs de Saturne pour étudier "le mur", une immensité noire et insondable apparue soudainement. La cohésion de cette équipe de fortes têtes sera rapidement mis à mal par les évènements auxquels elle devra faire face pour sauver l'humanité dans cette première guerre universelle.


L'histoire se déroule sur 6 tomes, à lire 3 par 3. Dans le dernier tome, sorti en juin 2006, vous trouverez une fresque spacio-temporelle qui permettra à ceux qui n'auraient pas tout suivi de s'y retrouver. Juste pour dire, cette fresque date de juin 2000, elle donc a été finalisée entre le tome 2 et le tome 3. Comme quoi, Bajram avait brillament bouclé son synopsis bien avant de dessiner les derniers épisodes. C'est peut-être ce qui fait que cette BD conserve un très bon niveau au fil des tomes, contrairement à d'autres que j'ai pu lire et qui n'avaient manifestement pas été pensées dans leur intégralité.


© Bajram - Soleil - 1998 - 2006

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Jeudi 22 juin 2006
Sur les conseils de mon libraire, j'ai pris dernièrement Révélations un polar tirant sur le fantastique et dont l'action se situe au Vatican. Et bien, je n'ai pas été déçue.

Charlie Northern, un détective de Scotland Yard, reçoit chez lui la visite d'un vieil ami devenu cardinal qu'il n'avait pas revu depuis 15 ans. Celui-ci lui demande comme une faveur de venir enquêter sur la mort d'un autre cardinal, pressenti pour être le successeur du pape.

En feuilletant rapidement, je m'étais dit que ça me rapelait quelque chose... et pour cause ! Le dessinateur n'est autre que Humberto Ramos que j'avais déjà recontré sur DV8 et surtout Crimson (les personnages principaux des 2 séries se ressemblent beaucoup en fait). Ramos, qui a travaillé dernièrement sur Spider-man, n'est pas le seul du monde des comics sur cette mini-série puisqu'il est accompagné de Paul Jenkins au scénario (Hellblazer, Spawn, Hulk, Spider-man, Witchblade, ...), Léonardo Olea (connais pas celui-là) étant quant à lui à la couleur.
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Mardi 20 juin 2006
Laissez moi vous présenter un polar fort sympathique dont l'action se situe dans l'Amérique des années 50. Un décors typique pour ce type d'intrigue, somme toute assez classique, de gangster, de braquage, de trahisons et d'appât du gain. Mais une narration assez originale, pleine d'aller-retour dans la chronologie du récit, vient soutenir le tout dans quatre tomes qui focalisent chacun sur un personnage clé.

Le Poisson-clown relate les mésaventures de Happy, jeune bouseux de Henrietta, Oklahoma, venu rejoindre son grand frère Chas à Denver. Happy est nerveux et peu sûr de reconnaître son frère tant il y a longtemps que celui-ci est parti de la ferme familiale. Il est quelque peu surpris quand, à la descente du bus, il le trouve adossé à une superbe décapotable. Mais comme le lui dit Chas bientôt, il n'est pas au bout de ses surprises...

Le poisson-clown est la seule BD signé Chauvel et Simon que j'ai jamais lue
. Ils ont travaillé plusieurs fois ensemble pourtant (Rails, Popotka) et Chauvel a signé un grand nombre de titres dont notament Quaterback et Arthur.
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