Dimanche 28 février 2010
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16:32
De retour sous les tropiques, je furète
partout pour trouver quelques livres ou BD à me mettre sous la dent. La Guadeloupe n'est pas Maurice et il y a plus de matière ici, même si on est loin de la profusion des FNAC métropolitaines.
Un bon point pour mes trois ans à venir.
Ce qui est amusant quand on voyage, c'est qu'on trouve parfois des ouvrages qu'on ne remarquerait pas en métropole. Ainsi, je suis tombée sur "Droit du sol", un
roman graphique sur Mayotte et ses dérives, bien en évidence au milieu d'autres titres sur la condition des noirs en plein Carrefour-DrestreLand. A Maurice,
il y avait un rayon entier de témoignages de femmes indiennes traitant de la difficulté de leur condition. A chaque région ses préoccupations.
Petite parenthèse, j'ai eu celui-ci à 27.60 €, contre 24 € officiellement (sûrement un peu moins sur Amazon ou à la FNAC),
soit +15%. Je vais essayer de donner à partir de maintenant les prix d'achats auxquels je trouve les bouquins ici en Guadeloupe comme comparatif avec les
prix métropolitains.
"Droit du sol" est écrit par un médecin ORL vivant à la Réunion, Charles Masson, qui connait bien le problème de Mayotte. Cet auteur n'en est pas à son coup
d'essai, mais je ne le connaissais pas du tout. Je ne me souviens d'ailleurs même pas d'avoir croisé un de ses ouvrages au détour d'un rayon.
Ce pavé de plus de 400 planches retrace les chemins croisés de quelques personnages, des blancs, métros arrivés ici avec chacun dans leurs bagages leurs histoires personnelles, leurs espoirs,
leurs dérives et leurs certitudes et les noirs, locaux aux prises avec les difficultés de la vie à Mayotte et les clandestins ayant tout risqué, jusqu'à leur vie même, eux qui ne savent pas
nager, en traversant depuis les Comores sur les Kwassas, frêles esquifs surchargés et tentant désespérément d'obtenir des papiers, quitte à tenter la traversée en fin de grossesse pour obtenir le
« droit du sol » pour leurs enfants.
L'écriture est sans concession et fait feu de tout bois. Lâches, pervers, gendarmes, musulmans, politiciens locaux véreux, déceptions des quelques personnes tentant
encore de sauver quelque chose, profiteurs de misère humaine, politique nationale et son cortège de lois accentuant les difficultés, racisme latent ou déclaré de tous envers les clandestins...
Tout y est épinglé. Et si la place y reste pour quelques espoirs, on ressort de la lecture le front barré d'un lointain malaise et on comprend pourquoi ceux qui revenaient de Mayotte avaient une
ombre dans le regard.
Et pourtant... ce livre reste cruellement « politiquement correct ».
Par La Poof
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Samedi 26 juillet 2008
6
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/07
/2008
14:51
Voici un manga en cinq volumes que j'ai eu le plaisir (et la chance) de découvrir dans un book shop à environ 20 km
de chez moi. Je dis la chance parce que, depuis février cette année je suis en expatriation à Maurice, et qu'ici, trouver des livres, en français, ou mieux, des BDs est une sacré gageure. Il y a
bien les inévitables Astérix et autre Tintin, mais pour le reste ce n'est pas simple. Mais parfois, sur un coup de chance, on trouve une série complète que, miracle ! on n'a pas encore. Dans ce
cas là, il ne faut pas hésiter et faire chauffer sa carte bleue parce qu'on n'est pas sûr, mais alors pas sûr du tout, qu'elle y sera encore dans quelques jours. Sans compter que les
approvisionnements suivent un rythme encore très nébuleux pour moi. Du coup quand j'ai vu les Basilisk au Book Court de Trianon, du tome 1 au tome 5, je n'ai pas résisté bien
longtemps.
Je ne m'y connais pas beaucoup en manga mais il me semble que cinq tomes c'est peu. La plupart du temps, quand j'en trouve
ici, j'ai le choix entre le 7, le 12, le 23.... Bref.
Cette série est bien ficelée. Elle est tiré d'une nouvelle, Koga
Ninpo Cho, écrite par Futaro Yamada (1922-2001). J'ouvre ici une parenthèse que je ne fais pas habituellement. Je n'ai pas trouvé grand chose sur Yamada. La biographie est mince et je n'ai pas la
liste des oeuvres de ce noveliste qui semble pourtant célèbre au Japon. En revanche, j'ai trouvé une liste de films, adaptations
de ses nouvelles. Du côté de Koga Ninpo Cho, pas de traces véritables non plus. Elle semble faire partie d'une série de nouvelles sur les Ninjas, les Ninpo Cho, littéralement les Parchemins
Ninjas, écrites à la fin des années 50 et qui sont à l'origine du mythe ninja actuel. Ce n'est d'ailleurs pas la seule a avoir été mise en dessin par Masaki Segawa apparemment. J'ai trouvé par hasard
sur le net Yagyu Ninpo Cho, pas encore disponible en français à priori, mais il y en a peut-être d'autres. Il existe également un anime en hommage aux Ninpo Cho, Ninja Scroll. Koga
Ninpo Cho, quant à elle, a été éditée en France en 2007 sous le titre de Shinobi. Vous l'aurez deviné, le film du même nom en est issu. Basilisk, lui, a donné
naissance à une série anime manga éponyme en 24 épisodes.
Un grand nombre de titres pour une nouvelle au départ, vous ne trouvez pas ?.
Afin de choisir lequel de ses fils, Takechiyo ou Kunichiyo, lui succèdera, le seigneur Tokugawa décide d'avoir recours à deux clans ninjas. Dans l'espoir d'éliminer
définitivement leurs rivaux, le clan Tsubo d'Iga et le clan Manji de Koga, ennemis de toujours, acceptent de représenter chacun l'un des héritiers et d'engager dix combattants dans cette lutte
sans merci. Le pacte de non agression qui les liait est levé, les combats s'engagent presque aussitôt tant les ninjas des deux clans sont impatients d'en découdre. Gennosuke Koga et Oboro Iga,
profondément épris l'un de l'autre, vont dès lors être pris dans cette tourmente.
J'ai lu dans un article que Koga Ninpo Cho est
considéré comme "une transposition nippone de Roméo et Juliette". J'aime beaucoup cette
remarque, je trouve que c'est exactement ça, une variation violente et trash sur le thème. On a un bon dosage entre les scènes de combats, les scènes plus osées et les scènes romantiques. A ne
pas mettre entre toutes les mains, mais une bien bonne série qui se laisse dévorer.
© KUROKAWA - Masaki Segawa / Futaro Yamada
Par La Poof
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Jeudi 14 décembre 2006
4
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/12
/2006
21:14
Non ce n'est pas un remake de "99 Luftballons" qui rythma l'adolescence de certains d'entre nous, mais le nom du dernier groupe de super héros en date. Pourquoi les
99 ? Comme les 99 qualités de Dieu ou plutôt devrai-je dire d'Allah, car Les 99 sont des super héros de culture islamique qui porteront chacun une
caractéristique divine...
Comment est née la première génération de comics made in
islam ? C'est Naif Al-Mutawa, psychiatre de son état, qui eut l'idée de donner à la jeunesse musulmane des super héros auxquels elle pourrait s'identifier.
Il avait constaté en effet, au cours de ses pratiques cliniques sur des patients sortis de la guerre du Golfe, que la jeunesse musulmane n'en avait pas (de héros). Et d'en venir
à cette idée des 99 vertues par un cheminement de pensées assez improbable, jugez plutôt (en substance et rapidement,
l'interview complète est ici) :
"Quoi que je fasse, il faudra que ça ait le potentiel des Pokemon..."
"Ha mais c'est vrai les Pokemon ont été censurés dans certains états et ils ont la fatwa sur eux...."
"Mon Dieu...Qu'arrive-t-il à l'islam et à ces gardiens ignorants et remplis de haine ?..."
"Allah doit être vraiment déçu de tout ça..."
"Allah et ses 99 attribus..."
"Allah...attribus...Pokemon..."
D'analogie en association d'idées ou le genèse d'une histoire... He he he
Bref, des héros, des supers comme
dirait M. Indestructible, qui incarneront le pouvoir d'une gemme. Parmis eux nous trouverons Jabbar, la force, Noora qui lit la lumière de la vérité en chacun et offre (ou force) la possibilité de la voir en soi, Bari le guérisseur ou encore Darr qui peut vous submerger d'une vague de douleur et
d'affliction jusqu'à ce que mort s'ensuive... L'équipe luttant contre l'injustice et le mal.
Attendu dans la presse internationnale depuis le début de l'année (cf articles du International Herald Triune
et du New-York
Times), ce nouveau comic aura vu le jour à l'automne comme prévu et son numéro 2 est sorti ce mois-ci, en anglais et en arabe évidemment.
Quand on lui demande quelle sera la réaction du public face à des super héros de confession musulmane, Naif Al-Mutawa répond que ses livres ne seront pas religieux mais qu'ils auront pour
archetype l'islam tout comme les comics US qui ont un fond judéo-chrétien marqué.
Reste que le fait d'affubler des personnages de BD de vertues divines
ne passe pas inaperçu et n'est pas du goût de tout le monde, ainsi que le fait "d'occidentaliser" la culture islamique. Mais Al-Mutawa cherche justement à
faire par ce biais un pont pour cette jeunesse qu'il pense tiraillée entre l'islam et l'occident. Et puis il reste
prudent. Dans ses interviews, il se sent obligé de préciser qu'aucun de ses personnages n'aura plus d'une qualité, que son pouvoir sera limité et enfin que certaines vertues ne sauraient
être
attribuées qu'à Allah...
Peut-être une nouvelle façon d'envisager les héros en tout cas si on en croit le Herald Tribune, basé non plus
sur des individualités surpuissantes comme aux US ou sur des mascottes surpuissantes type Pokemon, mais sur la puissance du rapprochement des forces individuelles puisque l'union de ses
différents attributs forme l'essence de Dieu et son pouvoir.
Quoi qu'il en soit, les numéros sont distribués dans le monde arabe pour le moment et vendus par correspondance via le site officiel.
© Teshkeel comics
Par La Poof
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Lundi 6 novembre 2006
1
06
/11
/2006
12:00
Je ne sais pas vous, mais
quand je m'apprête à finir un cycle, je suis tiraillée entre l'envie de savoir, de dévorer ce tout dernier tome et l'anticipation de cette fin toute proche synonyme pour moi de fin
tout court. Plus d'aventures, plus de rebondissements, plus rien qui pourrait racheter une éventuelle déception, qui pourrait compléter des détails encore flous...
Pour cette raison, il m'arrive parfois de tourner autour de mon dernier achat sans parvenir à me décider à le lire. Et cette
danse dure d'autant plus longtemps que la série m'a plu. Ainsi, j'ai bien dû regarder 3 semaines Yvan sur le coin
du buffet avant d'en entamer la lecture et il m'en a fallu tout autant avant d'ouvrir le dernier volet d'UWO.
Et pourtant...
Universal War One (site officiel) est une BD qui se
paye le luxe d'être avant tout une excellente histoire de Science Fiction digne des plus grands noms du genre. Aussi précis et cohérent scientifiquement que du Asimov, aussi complexe que Dune ou Fondation avec des rebondissements dignes de
La stratégie Ender... Bref, pour qui aime la SF, c'est du très grand art, tant
au scénario qu'au dessin, et c'est signé Denis Bajram qui s'était déjà attaqué au genre dans Cryozone.
L'escadrille Purgatory, composée uniquement de soldats récidivistes en attente de cour martiale, est envoyée aux environs de Saturne pour étudier "le mur", une immensité noire et insondable apparue soudainement. La cohésion de cette équipe de
fortes têtes sera rapidement mis à mal par les évènements auxquels elle devra faire face pour sauver l'humanité dans cette première guerre universelle.
L'histoire se déroule sur 6 tomes, à lire 3 par 3. Dans le dernier tome, sorti en juin 2006, vous trouverez une fresque
spacio-temporelle qui permettra à ceux qui n'auraient pas tout suivi de s'y retrouver. Juste pour dire, cette fresque date de juin 2000, elle donc a été finalisée entre le tome 2 et le tome 3.
Comme quoi, Bajram avait brillament bouclé son synopsis bien avant de dessiner les derniers épisodes. C'est peut-être ce qui fait que cette BD conserve un très bon niveau au fil des tomes,
contrairement à d'autres que j'ai pu lire et qui n'avaient manifestement pas été pensées dans leur intégralité.
© Bajram - Soleil - 1998 - 2006
Par La Poof
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Jeudi 22 juin 2006
4
22
/06
/2006
17:12
Sur les conseils de mon libraire, j'ai pris dernièrement Révélations un polar tirant sur le fantastique et dont l'action se situe au
Vatican. Et bien, je n'ai pas été déçue.
Charlie Northern, un détective de Scotland Yard, reçoit chez lui la visite d'un vieil ami devenu cardinal qu'il n'avait pas revu depuis 15 ans. Celui-ci lui demande comme une faveur de venir
enquêter sur la mort d'un autre cardinal, pressenti pour être le successeur du pape.
En feuilletant rapidement, je m'étais dit que ça me rapelait quelque chose... et pour cause ! Le dessinateur n'est autre que Humberto Ramos que j'avais déjà recontré sur DV8 et surtout Crimson (les personnages principaux des 2 séries se ressemblent beaucoup en fait). Ramos, qui a travaillé dernièrement sur Spider-man, n'est pas le seul du monde des comics sur cette mini-série puisqu'il est accompagné de Paul Jenkins au scénario (Hellblazer, Spawn, Hulk,
Spider-man, Witchblade, ...), Léonardo Olea (connais pas celui-là) étant quant à lui à la couleur.
Par La Poof
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